En lisant…

Demain je me lève de bonheur de Claire d’Aurélie

Demain je me lève de bonheur, le journal de Claire d’Aurélie, éditrice de Paupières de terre est tout simplement un livre au cœur qui bat. Crument sous-titré « extrait du journal d’une vieille », il appuie sur le décalage entre le regard que la société porte sur ses « vieux » et le vécu intime et singulier d’une femme de 75 ans. On y lit les désagréments de la vieillesse : le ralentissement du corps, les empêchements… mais plutôt et surtout la joie et l’appétit de vivre immense d’une femme qui refuse d’être réduite à son âge, chaque jour s’accroche et s’obstine pour se garder entière, faite de toutes celles qu’elle fut et encore aujourd’hui désirante, curieuse, joyeuse ou triste.

Ce beau livre, imprimé sur les presse de l’Atelier du Hanneton, se reçoit comme une leçon donnée à tous ceux qui qui voudraient enfermer le vieillissement dans un sordide processus de déclin quand c’est une étape de la vie différente mais non pas moins riche que les précédentes, portant son lot de découragements mais aussi de beauté et d’émerveillement. Le journal se termine sur un « ça aura été épatant » doux et magnifique, écrit quatre mois avant sa disparition, que l’on se souhaite de pouvoir prononcer soi-même à la fin de sa vie.

Au détour de chaque page, je revois cette petite bonne femme au visage souriant et aux longs cheveux gris laissés libres, croisée sur des salons ou marchés. La dernière fois, c’était en 2009 à Cotignac dans le Var où je montrais pour la première fois mes petits livres singuliers lors d’un salon de la petite édition. Entre les très connus boudeurs car peu de monde et les petits inconnus peu curieux, elle avait été celle qui s’était intéressée, avec simplicité et sincérité, à mes petits objets… Et je me souviens aussi, à la fin de la journée, de la voir se mettre à danser un rock (quand tous ou presque pliaient ou faisaient leurs comptes) au son de la musique qui commençait, mais danser vraiment, invitant les hésitants autour d’elle.

Et je me dis en refermant le livre – déjà deux fois lu – que vieillir comme elle, oui je veux bien et qu’il serait grandement temps de voir la vieillesse autrement qu’à travers ce qui se perd, car ce qui se perd peut-être en vivacité souvent se gagne en acuité et en lâcher-prise ou sagesse comme l’on voudra. Bref, nous ne sommes pas tous de futurs Alzheimer et quand bien même cela serait, nous serions encore des personnes, ne l’oublions pas !

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6 commentaires

  1. merci d’écrire ainsi sur Claire D’Aurélie, c’était , en effet, une femme magnifique, pleine de
    sensibilité , de finesse .C’était aussi une éditrice à l’écoute de ses auteurs qui aimait vraiment la poésie .Sans bruit , elle lui a consacré sa vie .

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